Retour dans mes souvenirs...
Dans ma maison d'enfance
Autour des êtres qui m'aimaient
De la chaleur familiale
La fraîcheur et la beauté du jardin...
Je fus transportée dans les éclairs du passé...
Je fus secouée dans tout le sens
Le voyage semblant interminable
Mon corps atterrissant durement sur la pelouse du jardin...
J'ouvre les yeux...
Et que vois-je...
Un orgueilleux château
A la place de la coquette petite maison
Rassurante de ma grand-mère...
Des somptueux murs de pierre s'élevant jusqu'au ciel
Pleins de petits toits en tuiles
Pleins de grandes ouvertures
S'échappant dans l'air
Des bruits de fête
Et de joie
Des voix inconnues
Et effrayantes à la fois
Une foule grondant de fous rires
Me vrillant les tympans
Et le coeur....
C'était impossible...
Qu'avait-t-ils fait de cette si jolie maison?
Comment se permettaient-t-il de squatter mon refuge?
Mon jardin secret...
Les larmes me brulèrent les yeux
La colère rugit dans ma gorge
Tous les souvenirs de ma grand-mère ont été souillés...
Comme si ils l'avaient à jamais rayée du passé
Comme si j'existais la seule à continuer de la faire exister...
J'avancais le coeur serré
Dans cet orgueilleux palais
Emanant d'une sinistre gaieté
Je rentrais...
Des regards durs comme de la pierre
Glacials
Me vrillèrent de l'intérieur
Des mains qui me chassèrent de pièce en pièce
Du plus grand mépris qu'il puisse exister...
Je me débattais
Me démenais pour retrouver ne serait-ce qu'une trace de ma grand-mère
Une seule emprunte de sa vie...
Une infime petite poussière
Sentir le parfum de son âme
Traverser tout mon corps...
Non...
Ces individus froids l'ont chassée de cet endroit
Ont effacé ses souvenirs, ses traces
Ils ont enfermés les anciennes pièces...
Le salon chalheureux, la cuisine exhalant autrefois de saveurs exquises...
Avaient été emmuré de pierre dures comme du béton
Ne laissant entrevoir qu'une fente
Permettant de constater le beau gâchis...
Le salon tout délabré...
Rempli d'humidité, de puanteur...
Et la cuisine moisie...
Remplie de cafards et de casseroles noircies par la poussière...
De si belles pièces détruites
Un sacrilège...
Et dans la chambre, ne restant plus qu'un pathétique vestige de lit
et de couvertures en lambeaux imbibés de larmes
Un squellette gémisseur s'y était effondré dessus
Poussant des cris perçants et desespérés...
Moi qui cherchait des souvenirs de ma grand-mère
Me retrouvait avec pour seule compagnie
Un pitoyable squellette gémisseur
Des cafards par milliers
Les ténèbres veillant à côté...